À NOS LECTEURS ET AMIS

 

Il n’y pas si longtemps, à l’occasion de son 30numéro, Contre-jour renouvelait son engagement à interroger, sous forme de revue, « ce perpétuel informulé qu’on appelle littérature. » Cet engagement prend aujourd’hui fin dans la mesure où Contre-jour ne sera plus une revue, mais devient une collection aux éditions Nota bene. La parution du numéro 48, Soif de romanesque, viendra ainsi clore le premier chapitre du projet qui était et est encore le nôtre, comme celui de tous ceux et celles qui y ont contribué.

Contre-jour a fait du chemin depuis son premier numéro, il y a dix-sept ans. Quel sens prend sa longue aventure ? Chaque collaborateur, chaque lecteur peut ici énoncer une réponse avisée : il n’y a pas de revue qui ne soit une œuvre commune. Mais en ce qui nous concerne, ce sens paraît s’élucider, du moins en partie, dans le fait que la littérature est à nos yeux intacte : sa puissance de fascination pour nous est la même, elle tient nos cœurs dans une exploration qui, nous le croyons toujours, rapproche du monde. Voilà à quoi Contre-jour a peut-être servi : entretenir la littérature à la manière du jardinier, pour qu’elle exerce son privilège fondamental, celui d’être et de ne dire que cela, « je suis », pour paraphraser Blanchot. Chaque numéro de la revue tendait à reformuler ce vœu de fidélité à une littérature souveraine.

Et c’est à l’enseigne de ce vœu que la collection « Contre-jour » vivra. La pensée et l’imagination y auront pour levier l’essai littéraire. Elles s’exprimeront dans des dossiers thématiques où diverses voix, familières ou nouvelles, seront entendues, histoire de poursuivre la conversation que nous menons tous ensemble depuis plusieurs années.

 

Le comité de rédaction